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La courge responsable de la chute de cheveux ?

la courge et l'alopécie

La courge, et plus largement les cucurbitacés, seraient à l’origine de chutes de cheveux importantes. Publiée dans la revue JAMA Dermatology par le Docteur Philippe Assouly, l’étude s’appuie sur le cas de deux de ses patientes, toutes deux françaises de la région parisienne, dont les cheveux et les poils sont tombés quelques jours après avoir ingurgité le fameux légume orange.

Intoxication à la courge

Les symptômes sont ceux d’une grosse indigestion : nausées, vomissements et parfois diarrhées.

La première, lors d’un dîner de famille et dont le cas remonte à 2010, avait mangé une soupe à base de courge qu’elle avait trouvé particulièrement amère. Ses proches, en ayant aussi consommé mais en moindre quantité, ont aussi eu une indigestion mais aucun phénomène d’alopécie. Soucieuse, elle consulte le Dr Assouly. “Beaucoup de cheveux sont tombés, d’autres ont été partiellement intoxiqués et continuent leur croissance. Ceux qui sont tombés ne mesurent à deux mois que de 2 cm. D’autres cheveux, non tombés, présentent une anomalie de structure. Celle-ci, consécutive à l’intoxication, permet également de la dater. La tige pilaire est donc soit cassée à 2 cm de son émergence et présente alors un renflement blanchâtre à son extrémité, soit un renflement blanchâtre à cette même distance du cuir chevelu tout en continuant de pousser”.

La deuxième, une femme d’une quarantaine d’année, s’est vue prise de violents vomissements une heure seulement après avoir mangé de la courge, une variété appelée spaghetti, qu’elle avait, elle aussi, trouvé un peu amère. Trois semaines plus tard, elle subit une perte de cheveux importante, mais également une chute de ses poils au niveau des aisselles et du pubis. Examinée par le Dr Assouly, celui-ci remarque, comme chez sa première patiente, des cheveux ne mesurant que quelques centimètres et des renflements blanchâtres et anormaux à leur extrémité.

Un autre cas d’intoxication récent

Subissant également une perte de cheveux très importante (“comme un coup de tondeuse sur la nuque”), Charlène, Grenobloise d’une quarantaine d’années, s’inquiète. Comme elle travaille dans un laboratoire d’analyses médicales, elle décide d’examiner un de ses cheveux au microscope. Elle distingue alors une cassure qui lui permet de dater à la période où elle est allée chez le coiffeur. Elle attribue alors sa chute de cheveux à un produit cosmétique, une mousse, mais la marque et le coiffeur lui affirment que c’est impossible.

Lorsqu’elle est tombée sur la publication du Dr Assouly, elle se rappelle aussi avoir cuisiné ce jour-là une courge butternut achetée en grande surface dont l’amertume l’avait étonnée, et ce qu’elle avait pris pour une “grosse gastro d’après la fêtes” : violents maux de ventre, des sueurs froides et même des hallucinations. Le lien est vite fait.

Un goût amer qui doit alerter

On sait que les courges peuvent être très difficiles à digérer et ont un pouvoir purgatif important en raison de molécules nommées cucurbitacines. Mais ce phénomène brutal serait surtout dû à un insecte pollinisateur : l’animal transfère de la cucurbitacine toxique présente dans les courges sauvages et décoratives – donc non comestibles – sur des courges cultivées, leur donnant ce goût si amer.

Concrètement, le poison attaque le cheveu lors de la phase de croissance active du bulbe (phase anagène), un peu similaire à ce qu’il se passe lors d’une chimiothérapie. Cette amertume doit donc vous alerter !

Mais rassurez-vous, les cheveux finissent bel et bien par repousser. Et si besoin, une cure de vitamine par mésothérapie leur redonnera la vigueur dont ils ont besoin pour être plus forts, plus brillants et en bonne santé.

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